jeudi 7 juillet 2011

David Sylvian : Manafon

Avec « Manafon » comme vaisseaux amiral idéal, David Sylvian lance la Pop sur des territoires sonores jusqu’ici inexplorés sans toutefois se démettre de son chant unique. C'est l’album que l’on espérait secrètement, ou il assume la générosité de sa voix mais aussi ses fêlures, ces accidents qui confèrent à son chant une magistrale beauté, saturée parfois d’une envoutante mélancolie.La partition qui épouse ses mélodies est l’œuvre de musiciens issus de la scène Expérimentale et des musiques improvisés. Elle est entrelacements de courbes minérales, de jaillissements atonaux, d’échos blancs et de subtiles ruptures harmoniques. Elle s’étire comme un contre-chant nécessaire à l’édification de la sculpture sonore. Car il s’agit bien ici de tailler dans la masse, tonitruante, pour en extraire une musique du silence, tour à tour rugueuse et apaisée, d’une radicale beauté.